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Inquiet face à l'IA? Ce que disent les plus récents chiffres canadiens, et ce qui aide vraiment

Aurenia Group Research8 min de lecture

Si l'IA vous rend mal à l'aise, vous n'êtes ni en retard ni seul. Dans un sondage mené en 2025 auprès de 1 025 Canadiens, 79 % se disaient inquiets des effets négatifs de l'IA, et seulement 34 % se disaient prêts à lui faire confiance (KPMG et Université de Melbourne, 2025). Ce n'est pas un point de vue marginal. C'est la majorité du pays, et très probablement la majorité de votre équipe.

Ce n'est aussi que la moitié du portrait. Le même sondage révèle que 70 % des Canadiens s'attendent à ce que l'IA apporte de vrais bénéfices, et que 60 % en ont déjà constaté. Les gens sont inquiets et curieux en même temps, ce qui est une façon sensée de voir un outil utile et encore nouveau.

Les Canadiens et l'IA, 2025

  • Inquiets de ses effets négatifs79 %
  • S'attendent à de vrais bénéfices70 %
  • Estiment avoir les compétences pour bien l’utiliser38 %
  • Prêts à faire confiance à l'IA34 %
  • Ont reçu une formation en IA24 %

KPMG et Université de Melbourne, Trust, attitudes and use of AI: Canada, 2025

Ce qui inquiète vraiment les gens

L'inquiétude n'est pas une seule chose. Quand Léger a sondé les Canadiens en août 2025, 83 % ont dit avoir des préoccupations liées à la vie privée, et 83 % craignaient que la société devienne trop dépendante de l'IA (Léger, 2025). En mai 2026, 45 % ont dit à l'Institut Angus Reid s'attendre à ce que l'IA réduise considérablement le nombre d'emplois disponibles au cours de la prochaine décennie (Institut Angus Reid, 2026). Aux États-Unis, où Pew a interrogé directement les travailleurs, 52 % se disaient inquiets de la façon dont l'IA sera utilisée dans leur milieu de travail, contre 36 % qui se disaient optimistes (Pew Research Center, 2025).

Ce sont des inquiétudes légitimes. La vie privée est une vraie question de conception. La dépendance, c'est exactement ce que l'aviation a mis des décennies à apprendre à gérer, comme on l'a raconté dans L'IA a besoin d'un pilote. Et les emplois changent bel et bien quand le travail à l'intérieur change. Rien de tout ça ne justifie de faire comme si l'inquiétude n'existait pas, en réunion d'équipe ou ailleurs.

Léger a trouvé autre chose qui mérite d'être retenu : 57 % des Canadiens avaient utilisé un outil d'IA, contre 47 % cinq mois plus tôt, et 75 % de ces utilisateurs jugeaient leur expérience bonne ou excellente. L'inquiétude est souvent à son plus haut avant qu'on ait essayé l'outil sur son propre travail.

Ce qui se passe dans les entreprises canadiennes

Les manchettes vont plus vite que la plupart des organisations. Au deuxième trimestre de 2026, 19,2 % des entreprises canadiennes utilisaient l'IA pour produire des biens ou offrir des services. C'est trois fois plus qu'il y a deux ans, et ça veut quand même dire qu'environ quatre entreprises sur cinq ne l'utilisent pas (Statistique Canada, 2026). Chez celles qui ne l'utilisent pas, la raison la plus fréquente n'était ni la peur ni le coût : 40 % ont simplement répondu que l'IA n'est pas pertinente pour leur entreprise.

Entreprises canadiennes qui utilisent l'IA pour produire des biens ou des services

6,1 %T2 202412,2 %T2 202519,2 %T2 2026

Statistique Canada, 2026

Les travailleurs sont souvent en avance sur les plans officiels de leur employeur. En mars 2026, 35,9 % des travailleurs canadiens avaient utilisé l'IA générative au travail au cours de la dernière année. L'écart est grand : 75,1 % dans les postes de gestion, 14,7 % dans les métiers et le transport (Statistique Canada, 2026). Dans bien des organisations, la question n'est donc pas de savoir si l'IA va arriver. Quelqu'un dans l'équipe l'utilise déjà, avec ou sans plan.

Sur la question des emplois, les propriétaires de petites entreprises sont plus sereins que le grand public. Près de 70 % des membres de la FCEI disent ne s'attendre à aucun effet de l'IA sur leur nombre d'employés au cours des 12 prochains mois, alors que près de 45 % utilisent déjà l'IA générative d'une façon ou d'une autre (FCEI, 2026).

Ce qui transforme l'inquiétude en confiance

C'est la partie utile. La recherche sur ce qui rend les gens à l'aise avec l'IA au travail revient toujours aux mêmes quelques éléments, et presque aucun ne dépend de l'outil choisi.

Des dirigeants qui l'utilisent eux-mêmes

BCG a sondé des employés en 2025 : la part de ceux qui voient l'IA générative d'un bon œil passe de 15 % à 55 % quand ils ont un solide appui de la direction (BCG, AI at Work, 2025). C'est le plus grand écart de tout ce qu'on a lu pour cet article. Les employés se fient à ce que font les gens au-dessus d'eux : est-ce qu'ils utilisent l'outil sur du vrai travail, et est-ce qu'ils disent clairement à quoi il sert, et à quoi il ne sert pas.

Employés qui voient l'IA d'un bon œil

15 %55 %0 %100 %

15 % sans un solide appui de la direction

55 % avec un solide appui de la direction

BCG, AI at Work: Momentum Builds, but Gaps Remain, 2025

Former avant le déploiement, pas après

Dans la même étude de BCG, seulement un employé sur trois disait avoir été bien formé. Au Canada, 24 % des gens ont reçu une formation en IA, quelle qu'elle soit, et 38 % estiment avoir les compétences pour l'utiliser correctement (KPMG et Université de Melbourne, 2025). L'inquiétude et le manque de formation vont de pair. La solution est rarement un cours. C'est plutôt quelques heures avec quelqu'un qui connaît l'outil, sur vos propres documents et vos propres tâches, avant toute mise en service.

Traiter l'IA comme un projet humain

L'étude de BCG publiée en 2026 sur plus de 600 sociétés ouvertes américaines met un chiffre là-dessus : environ 10 % de l'effort dans l'IA qui crée de la valeur va à la technologie, 20 % aux algorithmes et aux données, et 70 % aux personnes, aux processus et au changement organisationnel (BCG, 2026). La recherche en gestion du changement arrive au même endroit par l'autre bout. Les projets menés avec une excellente gestion du changement atteignent ou dépassent leurs objectifs 88 % du temps. Quand elle était mauvaise, 13 % (Prosci, 2023).

Où va l'effort quand l'IA rapporte

  • 10 %Technologie
  • 20 %Algorithmes et données
  • 70 %Personnes, processus et changement

BCG, AI Talk Is Cheap. Value Creation Is Rare., juillet 2026

Cinq choses qu'une petite organisation peut faire ce trimestre

  • Nommer la tâche avant l'outil. « Répondre aux demandes reçues après les heures le soir même », c'est un projet. « Il faudrait faire quelque chose avec l'IA », c'est une inquiétude avec un budget.
  • Demander à votre équipe ce qui l'inquiète, et noter les réponses. La plupart seront précises et faciles à régler : qui voit les données, ce qui arrive à leur poste, qui est responsable quand l'outil se trompe.
  • Former sur du vrai travail. Avant la mise en service, pas après.
  • Garder une personne qui approuve tout ce qui touche l'argent, la sécurité ou votre réputation. Puis le dire tout haut. C'est la phrase la plus rassurante que vous puissiez offrir à une équipe nerveuse, parce qu'elle est vraie.
  • Écrire comment l'éteindre. Si personne dans l'équipe ne peut l'expliquer en une phrase, vous n'êtes pas prêts à l'allumer. Notre liste de préparation couvre le reste.

Une équipe qui pose des questions difficiles sur un outil est habituellement celle qui finit par bien l'utiliser. L'inquiétude n'est pas l'obstacle. Prise au sérieux, c'est le plan.

À propos de ces articles

Aurenia Group Research

Une réflexion et une analyse concrètes, étayées par des preuves, pour les organisations du Canada atlantique qui adoptent l'IA et la transformation numérique. Tirées de recherches primaires et de notre méthodologie en neuf étapes.

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